La Clairvivante

 
   

LA CLAIRVIVANTE

Je m’appelle Albert LIGNER, je suis né à CLAIRVIVRE, pavillon 128 bis, le 17 mars 1935. Vers l’âge de 3 ans, la famille a déménagé pour se rendre au pavillon 173, à l’orée de la forêt de BORN, et près du sanatorium.

J’avais comme voisin Jean-Jacques FAURE, surnommé Jacqui, et nous jouions ensemble.

Pendant la guerre, le village a reçu des Alsaciens. Les enfants de notre âge faisaient bande à part, de ce fait, Jacqui et moi disions que nous étions des purs CLAIRVIVANTS.

Vers l’âge de sept-huit ans, nous allions au parc, assez loin de chez nous, et nous nous amusions au bord du ruisseau qui passait par là. Le parc avait une pergola fleurie et à ses pieds se trouvait une mare avec des nénuphars. De cette mare partait un ruisseau qui coulait vers la zone industrielle du village. L’eau était abondante en période de pluie, mais l’été on ne voyait qu’un filet d’eau.

Avec trois ou quatre cailloux, nous construisions un barrage. Sur la flaque ainsi formée nous faisions naviguer des « vaisseaux » faits de bouts de planches dans lesquelles nous plantions une paille qui servait de mât. La voile était formée d’une feuille d’arbre pliée en deux et piquée sur le mât. S’ensuivaient des batailles de corsaire pour conquérir la place.

Je ne me rappelle pas avoir vu d’autres enfants y jouer quand nous y étions.

C’était notre ruisseau et nous l’avions appelé « La Clairvivante » car elle était la compagne de jeux des « CLAIRVIVANTS ». La vie nous a séparés mais peut-être LA CLAIRVIVANTE est-elle la cause de ma longue carrière dans la Marine Nationale.

Je suis très content d’apprendre que la Cité de CLAIRVIVRE veuille bien officialiser le nom de son ruisseau. Je regrette que mon ami Jacqui FAURE ne puisse plus l’apprendre nous ayant quitté trop tôt.

                                                      Albert LIGNER